Étendu sur le sol chez Eugénie, sa dernière compagne, Verlaine agonise.
Nous sommes ne 1896, le « prince des poètes » va mourir dans la
déchéance la plus noire.
En courts fragments, au
gré de l’imaginaire supposé du poète « maudit » et surtout de
l’imagination de l’auteur, celui-ci évoque par petites touches
impressionnistes la vie de Verlaine : les trois bocaux dans lesquels sa
mère conservaient les fœtus de ses frères et sœurs qui n’étaient pas
venus à terme et qu’il brisa dans une crise de rage; Mathilde, la douce
fiancée de seize ans et « la misérable fée carotte, princesse souris,
punaise qu’attendent les deux doigts et le pot » (lettre de Verlaine à
sa femme); Georges, le fils arraché par Mathilde et Lucien, l’élève
devenu fils choisi et perdu, et puis Rimbaud, « l’époux infernal »…
Mais surtout, on trouvera
au cœur de cette évocation d’un poète par un autre, l’Ardenne d’ardoise,
Paliseul et la maison de la tante Louise, les souvenirs d’enfance dans
le pays du père, l’Ardenne toujours perdue et retrouvée, cherchée dans
les hommes et les femmes aimés, de Rimbaud à Eugénie.
Goffette est ardennais
lui aussi et il partage cette passion-là avec Verlaine…