hautblc

 

Guy Goffette


Une enfance lingère (récit) - Verlaine d'ardoise et de pluie (essai)

Voir aussi: http://www.artetlitterature.be/belges/goffette.htm

 

Une enfance lingère (Gallimard, 2006) – 168 pages

haut

Ce texte qui a obtenu le Prix Rossel 2006, évoque l'enfance de l'auteur ou de son porte-parole dont il se distancie par moments: Simon. Mais quelle enfance, ou plutôt quels souvenirs! Si le déclencheur de la mémoire, fut, pour Proust, le goût de la madeleine, chez Goffette, ce sont les diverses sensations liées à ses premiers contacts enfantins avec la lingerie féminine qui ramènent le passé.

Soie mentionnée sans cesse par le père "Tu n'es pas né le cul dans la soie", rugosité des bas de laine de la bonne soeur de l'école maternelle, couleur écoeurante du rigide corset maternel... les évocations sont infiniment sensuelles.

Dans un langage d'une grande poésie, Goffette ressuscite ces instants magiques qui bien souvent éveillent en nous de vagues réminiscences. La richesse des images fait de chaque texte un bijou.

 

Verlaine d’ardoise et de pluie (Gallimard, 1996 – Folio) – 158 pages

haut

Étendu sur le sol chez Eugénie, sa dernière compagne, Verlaine agonise. Nous sommes ne 1896, le « prince des poètes » va mourir dans la déchéance la plus noire.

En courts fragments, au gré de l’imaginaire supposé du poète « maudit » et surtout de l’imagination de l’auteur, celui-ci évoque par petites touches impressionnistes la vie de Verlaine : les trois bocaux dans lesquels sa mère conservaient les fœtus de ses frères et sœurs qui n’étaient pas venus à terme et qu’il brisa dans une crise de rage; Mathilde, la douce fiancée de seize ans et « la misérable fée carotte, princesse souris, punaise qu’attendent les deux doigts et le pot » (lettre de Verlaine à sa femme); Georges, le fils arraché par Mathilde et Lucien, l’élève devenu fils choisi et perdu, et puis Rimbaud, « l’époux infernal »…

Mais surtout, on trouvera au cœur de cette évocation d’un poète par un autre, l’Ardenne d’ardoise, Paliseul et la maison de la tante Louise, les souvenirs d’enfance dans le pays du père, l’Ardenne toujours perdue et retrouvée, cherchée dans les hommes et les femmes aimés, de Rimbaud à Eugénie.

Goffette est ardennais lui aussi et il partage cette passion-là avec Verlaine…